Les soignants des EHPAD connaissent des conditions de travail très difficiles. Chez Orpea, par exemple, un ou deux soignants doivent s’occuper de 14 résidents. Et la nuit, ils sont trois à gérer 125 lits. Même si ce leader mondial des EHPAD et des cliniques privés dispose de bonnes réputations, ses services ne sont pas satisfaisants.

Après les histoires de couches et de produits alimentaires rationnés, on a aussi entendu parler de maltraitance des résidents. Et maintenant, il y a cette non-considération des soignants qui favorise l’épuisement professionnel.

Des conditions de travail difficiles même au sein des grands groupes

L’enquêteur Victor Castanet a eu pour point de départ les témoignages des soignants et des cadres de santé qui exerçaient leur métier dans l’établissement « Les Bords de Seine » à Neuilly. Il a été surpris quand ces derniers lui confirmaient qu’il y a vraiment des dysfonctionnements chez le groupe Orpea, « l’un des plus luxueux et les plus chers de France ».

Ce journaliste s’est posé la question : « Comment est-ce possible, dans un établissement si luxueux et si cher, que nous ayons face à de telles dérives ? ». Et très vite, il a obtenu des explications claires venant d’une auxiliaire de vie dénommée Saïda.

Celle-ci racontait qu’elle rationnait le nombre de protections à donner aux résidents, au maximum trois fois par jour. Elle rationnait également les produits alimentaires et elle se met parfois à piquer dans les stocks des placards pour faire face au manque de pain, de lait et de biscottes et pour nourrir les résidents.

Un manque de soignants pouvant favoriser le burn-out

Toujours dans les « Bords de Seine » à Neuilly, l’enquêteur Victor Castanet a constaté une maltraitance des résidents. Il a rencontré une patiente couverte de bleus, un patient qui s’isole dans sa chambre et quelques patients qui ne sont pas assez alimentés.

Au quatrième étage, il dit que seulement deux soignants s’occupaient de 14 résidents et la nuit, seulement trois soignants gèrent 125 lits. Ce manque de soignant peut avoir de mauvaises conséquences sur la vie des résidents et sur la vie des soignants.

D’un côté, il peut être synonyme de minimum de services, puisque deux ou trois soignants ne suffisent pas pour assurer toutes les tâches correctement et pour bien prendre soin de chaque patient. D’un autre, il peut aussi engendrer un burn-out chez les soignants, puisque ces derniers ne seront pas satisfaits des services qu’ils offrent. Ils ne pourront pas atteindre leurs objectifs et ils ne peuvent pas assurer fièrement leurs missions.